an bordeaux légèrement satiné suspendu à un cintre doré, entouré de diamants scintillants.

À mon petit pantalon bordeaux

Mon cher petit pantalon bordeaux,
Je me souviens encore du jour où je t’ai acheté.
Je t'avais déniché dans une boutique Caroll, et j'avais immédiatement craqué pour toi.
C’était à l’occasion d’un Noël que je passais avec ma sœur.

À cette époque, je n’avais qu’un ou deux petits kilos en trop.

Rien de bien méchant, sauf que, lorsque je t’ai essayé, tu étais un peu serré.
Alors je me suis dit : « Ce n’est pas grave, dans deux semaines, tu pourras le mettre. »

Deux semaines… Tu parles !
Les semaines sont devenues des mois, les mois sont devenus des années et, au lieu de perdre mes deux petits kilos, j’en ai pris un, puis deux, puis trois… et encore quelques autres au passage !

Et toi, mon pauvre petit pantalon bordeaux, tu es resté sur ton cintre. Pourtant, je te trouve toujours aussi adorable.
Il faut bien reconnaître une chose :

Tu en as vu, du pays !

Ton premier parcours s’est fait en voiture, d’Annecy à Rennes.
Puis direction Nantes.
De Nantes, tu as pris la route pour Lyon.
Depuis Lyon, tu es parti découvrir Villefontaine.
Enfin, de Villefontaine, tu es retourné à Lyon.

Parce que, comme toi, j’ai regretté d’avoir habité Villefontaine.

Quel parcours !
Tu as subi des déménagements, parfois dans des cartons, parfois sur un cintre, dans une penderie prévue à cet effet, mais toujours, toujours, tu m’as suivie.

Et dire qu’après tous ces kilomètres parcourus, tu n’as toujours pas eu l’occasion de découvrir le monde autrement que depuis une penderie !
Aujourd’hui, tu es toujours là. Sur ton cintre, tout au fond de mon placard.
Le dernier cintre, pour être précise.
Je te rassure, ce n’est pas une punition ! Et surtout, je voudrais que tu saches une chose :
je ne t’ai jamais oublié.

Chaque fois que je te vois, je me dis qu’un jour, toi et moi, nous allons enfin sortir ensemble.
D’ailleurs, j’ai déjà prévu ta tenue !
Un joli petit top avec des fils dorés, une paire de chaussures dorées… et toi, mon magnifique petit pantalon bordeaux.
Je nous imagine déjà !
Alors, je t’en prie, ne désespère pas.
Je sais que l’attente est longue et que tu dois commencer à connaître les moindres recoins de mon placard.

Mais garde la foi !

Parce que moi, je la garde.
Aujourd’hui, j’ai décidé de reprendre les choses en main, à mon rythme, sans me précipiter.
Je ne sais pas encore combien de temps il me faudra pour pouvoir t’enfiler, mais je sais que je n’ai pas renoncé.
Et le jour où cela arrivera, crois-moi, nous allons fêter ça !
Alors, mon petit pantalon bordeaux, continue de m’attendre.
Un jour, tu quitteras enfin ton cintre pour découvrir le monde extérieur.
Et moi, je serai heureuse de me sentir jolie avec toi.
Parce que tu es joli, mon petit pantalon bordeaux.
Et que je compte bien l’être aussi.

Bien à toi, mon petit pantalon bordeaux.

Cath — Je m’éparpille…
et alors ?

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