À ma petite Bretonne au cœur tendre
Alors, il faut bien le dire… nos débuts n’ont pas été simples.
Quand je suis arrivée dans ton univers, tu travaillais déjà là depuis vingt ans et des poussières.
Vingt ans de collègues, de méthodes, d’habitudes, de certitudes. Et moi, je débarque comme une tornade avec mes idées, mes analyses, mes questions, mes “pourquoi” et mes “on pourrait peut-être faire autrement”.
Autant dire que tu n’étais pas exactement ravie de me voir.
Tu étais remontée comme une pendule.
Froide.
Méfiante.
Parfois même franchement vindicative.
De mon côté, je me demandais bien qui tu étais.
Ce que je ne savais pas encore, c’est que derrière cette carapace se cachait une femme à fleur de peau.
Une femme qui absorbait toutes les émotions qui l’entouraient comme une éponge.
Une femme sensible, bien plus sensible qu’elle ne voulait le montrer.
J’ignorais aussi que certaines personnes savaient habilement appuyer sur les bons boutons pour te faire dire tout haut ce qu’elles pensaient tout bas.
Tu servais parfois de porte-voix sans même t’en rendre compte.
Avec le temps, pourtant, les choses ont changé.
Petit à petit, nous avons appris à nous découvrir.
Toi, tu as compris qu’on ne m’écrasait pas si facilement.
Je me souviens encore de ce fameux jour dans la cuisine. Celui où, à bout de patience, je t’ai regardée droit dans les yeux et je t’ai dit :
— Si tu veux jouer à la garce, dis-toi bien qu’on va être deux.
Avec le recul, ça me fait sourire. Parce qu’à partir de là, quelque chose a changé.
Tu t’es apaisée.
Et moi, j’ai commencé à te voir vraiment.
Découvrir ma petite Bretonne,
c’est un peu comme ouvrir un coffre-fort.
Enfin… un coffre-fort recouvert de plusieurs couches de béton armé.
Ça tombe bien, nous travaillions dans le béton.
Mais honnêtement, “gratter la surface” ne suffisait pas avec toi.
Non. Il fallait plutôt sortir le marteau-piqueur industriel.
Et un jour, derrière tout ce béton, qu’est-ce qu’on découvre ?
Un caramel au beurre salé.
Normal, tu es bretonne.
Un cœur tendre caché sous une armure de chantier.
Une femme drôle, terriblement drôle même.
Une femme généreuse. Une femme cabossée aussi, parce que la vie ne t’a pas toujours épargnée.
Une petite Bretonne qui prend soin des gens qu’elle aime, parfois plus qu’elle ne prend soin d’elle-même.
Une femme qui accorde sa confiance à des personnes qui ne la méritent pas toujours.
Peu à peu, nous avons commencé à rire.
À parler de tout.
Des enfants.
Des projets.
Des sous-vêtements, évidemment.
Parce qu’entre femmes, il y a des sujets qui finissent toujours par arriver sur la table.
Tu as commencé à me faire confiance.
Tu as accepté mes méthodes de travail.
Tu as soutenu les projets que je portais.
Sans même nous en apercevoir, nous sommes devenues une équipe.
Aujourd’hui, c’est un bonheur d’échanger avec toi.
J’aime voir ton sourire.
Et j’avoue que j’aime aussi voir ta mauvaise tête quand quelque chose ne te plaît pas.
Parce que tu es incapable de cacher ce que tu ressens.
Quand on te connaît, tu es d’une transparence désarmante.
Alors aujourd’hui, j’ai simplement envie de te dire merci.
Merci pour les fous rires.
Merci pour la confiance.
Merci pour les débats parfois animés.
Merci pour ton authenticité.
Merci d’avoir laissé tomber le béton pour me montrer la femme extraordinaire qui se cachait derrière.
Tu fais partie de ces personnes rares que la vie place sur notre chemin sans prévenir.
De celles avec lesquelles on a envie de garder le contact.
Toujours.
Et alors ?
Avec toute mon affection,
Catherine
